Apollinaire et ses amis

Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire se rencontrent par le biais de Pablo Picasso en 1907. S’ensuivent cinq années d’une relation tourmentée avant que, lassée par des infidélités nombreuses, Marie Laurencin ne prenne définitivement ses distances. Dans son testament, elle demandera néanmoins à ce qu’on glisse entre ses mains une rose blanche et une lettre d’amour du poète.

MARIE, PAR GUILLAUME APOLLINAIRE.

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Extrait de Alcools, 1913.

Groupe d’amis (1908), par Marie Laurencin. Musée de Baltimore.

Apollinaire et ses amis (1909), par Marie Laurencin. Musée Pouchkine, Moscou.

Fuente: Ne dormirai jamais

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