«Selon le désir», L’Anarchie, no 16, 27 juillet 1905. Catulle Mendès

« Voyez les roses, les belles roses, les belles roses blanches, les roses blanches, toutes fraîches de rosée ! » Elle va par les rues, par les boulevards ; devant elle, sur l’éventaire de planches qui lui pend du cou, elle a, par touffes, et par touffes, les magnifiques fleurs. « Voyez les roses, les belles roses blanches… » Elle est grande, et très belle, d’une beauté forte et très saine qui lui emplit la jupe à la soulever, le corsage à le crever ; et dans sa franche face grasse s’ouvre violemment la pivoine de sa bouche, sous une tignasse tassée et tordue de cheveux roux d’un roux de safran rouge. « … les roses blanches, toutes fraîches de rosée ! » Un gardien de la paix lui dit : « Vendez, ne criez pas, on vous dit de ne pas crier. » Elle ne daigne pas se taire. « Voyez les roses, les belles roses, les belles roses blanches, les roses blanches toutes fraîches de rosée ! »
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